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La règle des 5 R appliquée à l’impression 3D

La gestion de nos déchets, quels qui soient, est devenue un sujet prépondérant ces dernières années. Nombreux sont les conseils et consignes divulgués ici et là pour les réduire au maximum. Il est parfois difficile de s’y retrouver sur les bonnes pratiques à adopter. C’était sans compter sur Béa Johnson, une blogueuse d’origine française, qui a proposé un moyen mnémotechnique qui a le mérite d’être synthétique et facile à comprendre. Ainsi est née la règle des 5R.

Cette règle vise à réduire notre impact sur l’environnement en minimisant nos déchets. Pour atteindre cet objectif, 5 injonctions  :

  • Refuser
  • Réduire
  • Réutiliser
  • Recycler
  • Rendre à la terre

Dans cet article, nous allons tenter d’appliquer cette règle des 5R à l’impression 3D.

1. Refuser d’imprimer en 3D

Refuser

 Telle est la première règle. Appliquée à l’impression 3D, nous pouvons avancer deux idées :

  • (se) refuser d’imprimer des objets inutiles ou à très courte durée de vie,
  • refuser le plastique, matière première de l’impression 3D, au profit de matériaux plus durables comme le bois ou le métal.

Si vous vous pouvez poser la question ‘Que vais-je bien pouvoir imprimer aujourd’hui ?’, eh bien n’imprimez pas aujourd’hui. L’impression 3D, maintenant déployée dans les salons et garages, est un outil extraordinaire qui permet de voir apparaître sous ses yeux un objet nouveau en quelques heures. Mais c’est aussi un moyen d’augmenter encore la quantité de plastique sur Terre. Sauf découverte exceptionnelle (et tant attendue) par nos scientifiques, le plastique n’est pas prêt de disparaître de notre quotidien. Il présente des avantages uniques comme son ratio résistance/légèreté qui lui réservent encore une belle place dans le panorama des matériaux. Comment imaginer une voiture ou un ordinateur portable sans plastique ? Pour autant les problématiques autour du plastique sont nombreuses comme l’épuisement des ressources pétrolières (dont il est un sous-produit) ou encore sa fin de vie. Alors n’allons pas encore engorger notre espace de vie d’objets plastiques imprimés en 3D inutiles ou à très courtes durées de vie.

Deuxième idée : refuser le plastique, ou plus largement l’impression 3D. Cette technologie ouvre de nouvelles possibilités de conception, impossibles à envisager avec nos bonnes vielles techniques de fabrication. Pour autant il faut s’efforcer de ne pas développer le syndrome du ‘je vais l’imprimer en 3D !’. Bien des choses peuvent encore être produites en bois ou en métal. Le métal (et le verre) est recyclable à 100%, indéfiniment. Ce n’est pas le cas du plastique. Le réflexe de l’imprimeur 3D doit donc évoluer du ‘je l’imprime en 3D !’ à ‘puis-je fabriquer cet objet en bois ou en métal ?‘.

2. Réduire sa consommation de filament plastique

Réduire

Appliquer à l’impression 3D FFF, l’objectif ici est de réduire sa consommation de filament plastique. Les pistes sont nombreuses.

Du côté de la matière première, il convient de prendre soin de ses bobines afin de ne pas perdre de la matière bêtement. Il faudra protéger les bobines de l’humidité et de la lumière. Le passage en gros conditionnement permettra d’éviter les fins de bobines non consommées.

En ce qui concerne la consommation de filament pour une pièce donnée ont peut réfléchir à :

  • réduire le taux de remplissage
  • réduire l’épaisseur des murs
  • préférer le brim au raft
  • limiter les supports
  • imprimer les pièces les unes après les autres plutôt que toutes à la fois
  • imprimer des coques plutôt que des pièces closes
  • tolérer les imperfections

Pour approfondir ce sujet, rendez-vous ici.

3. Réutiliser grâce à l’impression 3D

 

Réutiliser

Réutiliser c’est aussi réparer (pour réutiliser). Et à ce sujet, l’impression 3D peut être une grande aide. Un bouton de gazinière, un engrenage de jouet, un embout d’aspirateur plus disponibles auprès du fabricant ? Imprimez-le ! C’est l’une des applications de l’impression 3D.

4. Recycler ses impressions 3D

Recycler

Recycler les impressions 3D, un sujet (très) complexe mais au combien passionnant !

La consommation de plastique de l’impression 3D est infiniment ridicule face à la consommation de plastique toutes applications confondues. Infinitésimale. Mais est-ce pour autant une raison pour que l’impression 3D ne vise pas elle aussi l’objectif français de 100% de plastique recyclé à 2025 ? Surement pas.

Notez que l’ordre des règles n’est pas anodin. Recycler n’est pas la solution première à l’objectif du zéro déchet. Avant de recycler, il est préférable de ne pas utiliser de plastique (refuser), de réduire sa consommation et de réutiliser les objets plutôt que d’en acheter de nouveaux.

5. Rendre à la terre

Rendre à la terre

Voici donc le dernier précepte de la règle des 5R : ‘rendre à la terre‘. Entendez par là, composter. Lorsqu’on parle d’impression 3D plus durable le PLA semble tirer ses lettres de noblesses. Pourquoi ? Il est issu de matières bio-sourcées (comme l’amidon de maïs) et non du pétrole. C’est aussi un matériau biodégradable.

Mais biodégradable n’est pas synonyme de compostable. Concrètement vos pièces en filament PLA ne se dégraderont pas dans le compost du jardin. Le PLA est bien compostable, mais en condition industrielle, avec un contrôle très stricte notamment des conditions thermique et hygrométrique.

Un bémol sur le compostage du PLA, quand bien même en condition industrielle : la plupart des filaments PLA possèdent des modificateurs pour faciliter l’impression ou pour augmenter leurs résistances. Et, tout simplement, les pellets de PLA sont additivés de pigments pour leur donner leurs couleurs. Toutes cette chimie supplémentaire peut compromettre le compostage.

Au stade où nous en sommes il est donc encore difficile de rendre à la terre nos impressions 3D…